Dans les Pyrénées

Pour tous les amateurs du Chien de montagne des Pyrénées, les Pyrénées sont une destination de rêve. Le présent et le passé s’y côtoient, et on peut encore y voir, dans toute leur splendeur, les Chiens de montagne des Pyrénées à l’œuvre.

Le Patou, symbole des Pyrénées

Vous ne pouvez pas y échapper, heureusement ! Dans les Pyrénées, ils sont partout, les chiens de montagne des Pyrénées, ou Patous. Patou est le nom affectueux donné à cette race, dérivé du mot ancien français « pastre », qui signifie « berger ».

Ce que le Saint-Bernard est à la Suisse et aux Alpes suisses, le chien de montagne des Pyrénées l’est à la France et aux Pyrénées françaises. La race peut être considérée comme un patrimoine culturel. Et aujourd’hui encore, on en est particulièrement fier.

Dans les Pyrénées, ils sont partout. Sur les murs, les torchons, les stylos, les affiches, les salières. Mais quelques chanceux trouvent encore parfois un objet centenaire dans une brocante ou un marché aux puces.

Heureusement, on les rencontre encore dans les montagnes, auprès des moutons. Lors de randonnées, les rencontres ne sont pas toujours évitables et il est alors important de respecter les règles. Les règles du chien de montagne des Pyrénées, bien sûr. Un Patou est toujours vigilant et protégera toujours son troupeau. Cependant, le chien de montagne des Pyrénées n’est pas un chien agressif. Il essaiera toujours d’éviter la confrontation physique. Que cela réussisse ou non dépend de l’intrus.
Un Patou se placera entre le danger et son troupeau et, avec beaucoup de bruit et un comportement intimidant, tentera de convaincre l’intrus de partir. Faites-le donc. Des panneaux d’avertissement indiquent partout comment vous devez vous comporter en présence d’un Patou au travail. Pour un chien de montagne des Pyrénées, il suffit que le danger disparaisse. Il ne poursuivra pas l’intrus.

Ne traversez pas le troupeau, mais contournez-le. Tenez votre chien en laisse. Ne courez pas, mais continuez à marcher calmement. Descendez de votre vélo et longez le troupeau à pied.

Toujours partie intégrante de la vie dans les Pyrénées

Protection du troupeau

Dans les Pyrénées sauvages, des troupeaux de moutons et de chèvres vivent dans des régions où vivent des prédateurs tels que des loups et parfois même des ours. Le chien de montagne des Pyrénées, également appelé Patou, est depuis des siècles un fidèle protecteur de ces troupeaux. Ces chiens sont grands, forts, courageux et indépendants. Ils doivent être capables d’effrayer les prédateurs et, si nécessaire, de défendre le troupeau.

Ils travaillent souvent en meute pour assurer la sécurité du troupeau, se relayant pour se reposer. Les chiens de montagne des Pyrénées ne sont pas agressifs de nature ; ils sont élevés pour dissuader les prédateurs. Leur réaction naturelle est de se placer entre le troupeau et un intrus afin de former une barrière. En aboyant et en marquant leur territoire avec des traces olfactives, ils créent une zone de sécurité qui tient généralement les prédateurs à distance. Ils essaient ainsi d’éviter les confrontations directes, ce qui est plus sûr tant pour le troupeau que pour les prédateurs.

Un bon protecteur de troupeau doit être fort et courageux, mais aussi intelligent et indépendant. Il doit être capable de reconnaître le danger et d’agir avec prudence, même dans des conditions difficiles. De plus, il doit être endurant : travailler pendant des jours sous la pluie, le froid et le vent. Une fourrure épaisse et naturelle qui nécessite peu de soins, des dents solides et un corps robuste sont essentiels. Et surtout : un lien fort avec le berger. Ces chiens ne remplacent pas le berger, mais sont des aides et des compagnons..

L’Origine de Patou

Le chien de montagne des Pyrénées est le résultat d’une sélection séculaire effectuée par les bergers. Génération après génération, seuls les chiens qui accomplissaient bien leur travail, à savoir protéger le troupeau, étaient conservés pour la reproduction. Les chiens trop agressifs, qui ne montaient pas la garde ou qui avaient des problèmes physiques étaient écartés. C’est ainsi qu’est née une race non seulement forte et courageuse, mais aussi endurcie et fiable.

Depuis 1923, il existe un standard officiel de la race, qui contribue à la reconnaître et à la maintenir en bonne santé. Dans le même temps, nous savons que le caractère réel d’un chien ne se résume pas à ses caractéristiques physiques, mais aussi à son comportement et à ses capacités fonctionnelles. C’est pourquoi il y a matière à discussion : comment concilier la préservation de la pureté de la race et les exigences pratiques du travail ? Les deux perspectives ont le même objectif : des chiens forts et en bonne santé, capables de bien accomplir leur tâche.

De chiot à gardien de troupeau

Un chiot peut avoir de bonnes bases, mais sans une éducation adéquate, il ne deviendra pas un chien de travail fiable. Les premières semaines sont cruciales. Les chiots doivent apprendre à interagir avec les humains, les animaux et différentes situations. La socialisation est importante.

Naître dans une meute aide, mais ce n’est pas suffisant. Le chiot doit apprendre quel est son rôle : protéger sans agressivité excessive, avertir en aboyant en cas de danger, mais sans faire de bruit inutilement. Une bonne éducation pose les bases pour un chien capable de travailler de manière autonome, mais aussi d’agir de manière sensée.
Il appartient également à l’éleveur de déterminer quels chiots ont les meilleures aptitudes. Les chiots indépendants, aventureux et spontanément attirés par les animaux sont les candidats idéaux.

Un jeune chien n’est pas encore capable de protéger un troupeau. L’apprentissage est beaucoup plus facile s’il travaille avec des chiens adultes. Il a besoin de contact avec d’autres chiens et doit jouer régulièrement pour dépenser son énergie.
L’introduction de chiens de protection dans un troupeau est un processus qui prend du temps, souvent quatre ans, avant que les chiens ne soient pleinement opérationnels. Il ne s’agit pas simplement d’« ajouter des chiens ».

Nous partageons les montagnes

Les Pyrénées attirent de nombreux randonneurs et touristes. Un chien de protection des troupeaux considère toute personne s’approchant trop près des moutons comme une menace potentielle. C’est son rôle. Cela peut être intimidant pour les randonneurs, surtout si le chien aboie ou bloque le passage.

Les chiens de montagne des Pyrénées n’ont aucune raison d’attaquer les randonneurs s’ils restent calmes et se tiennent à distance du troupeau. Les problèmes surviennent principalement lorsque les gens traversent un troupeau ou emmènent leur chien. Il est donc important que les randonneurs sachent qu’ils doivent rester à distance, ne pas traverser le troupeau et ne pas essayer de caresser le chien.
Il est également important que les éleveurs et les bergers apprennent aux chiots à côtoyer les humains. Un chien habitué à la présence humaine sera moins susceptible de réagir de manière excessive.

« … Vous n’êtes pas courageux quand vous ignorez un Patou,
vous êtes sage quand vous le respectez… »

En France, mais aussi dans d’autres pays, les chiens de protection des troupeaux font l’objet de débats, en particulier dans les zones touristiques. Ils sont parfois considérés comme une menace pour les loisirs et l’économie, alors qu’ils sont essentiels pour protéger les troupeaux contre les loups, les ours et les chiens errants. En France, des solutions sont mises en place, telles que des tests de comportement et une meilleure information des touristes.
La clé réside dans une information claire et le respect. Les randonneurs doivent savoir qu’ils doivent se tenir à distance des troupeaux, rester calmes et ne pas essayer de caresser le chien. Dans de nombreuses régions, des panneaux explicatifs ont été installés et les bergers fournissent parfois eux-mêmes des informations. Ainsi, les gens peuvent passer à proximité des troupeaux en toute sécurité, sans stresser les animaux.

Nous tenons à souligner que les incidents largement médiatisés, notamment dans les Alpes, ne concernent pratiquement jamais les chiens de montagne des Pyrénées. Il existe de nombreux croisements. Tous les chiens blancs ne sont pas des chiens de montagne des Pyrénées. De plus, le terme « Patou » est principalement utilisé dans les Alpes comme nom générique pour désigner tout chien de garde de troupeau. Mais cela n’est pas correct. Comme décrit précédemment, Patou est le nom affectueux donné au chien de montagne des Pyrénées.

Chaque année, le troisième week-end de septembre, le village montagnard d’Argelès-Gazost accueille la « Fête des chiens des Pyrénées ». Les amateurs des races pyrénéennes, utilisées pour garder et conduire les troupeaux, viennent de loin pour y assister. Le chien de montagne des Pyrénées et le Berger des Pyrénées y sont alors présents en grand nombre. Certains de leurs cousins espagnols sont également de la partie : le Mâtin des Pyrénées et le Berger Catalan.
Le samedi, une procession très suivie et très fréquentée traverse le village et se termine par un discours du maire, qui aide à distribuer les boissons offertes par l’office du tourisme.

En 2023, l’association française Réunion des Amateurs de Chiens Pyrénéens (RACP) a fêté ses 100 ans et, pour l’occasion, un code vestimentaire inspiré de l’époque de sa création, les années folles, a été imposé. Pas moins de 406 chiens provenant de 16 pays différents étaient inscrits au grand concours du RACP, dont 168 chiens de montagne des Pyrénées. Vous pouvez visionner ci-dessous une vidéo de ce week-end.